INTRO
Ces photos sont le fruit d’un projet artistique, mais aussi, sans le clamer, le fruit d’une expérience de la relation et, in fine, de la liberté.
Quand en 1981, Aurel Chatenet est appelé pour photographier 3 personnes, Pom la danseuse, Rosy et Jify, les apprentis, pendant 2 jours dans 1 même lieu, il ne leur donne aucune instruction, à part celle
de suivre leur intuition.
Il se pose alors comme le tenant d’un reportage photographique, un simple témoin de la spontanéité de leurs déambulations, de leurs mises en lien et de leurs jeux.
Il prend plus de 700 photographies. Ces photos n’en proposent qu’une infime partie. Il donne à voir, dans la sobriété du noir et blanc, ces corps dansants, se dévoilant et se masquant, sans lumière artificielle.
Ce travail sublime rend ainsi compte de diverses expériences de mises en relation entre le volume, les acteurs et la temporalité ; entre le photographe, l’image et le spectateur ; entre le réel, le fantasme et l’imagination.
Finalement, la beauté du geste d’Aurel est dans la liberté qu’il créé et qui permet de s’immiscer dans les interstices de ces liens. Ce projet propose aux danseurs comme aux spectateurs de respirer entre les lignes, d’imaginer et de divaguer. Il nous offre bien plus que de belles photographies, il nous aide à penser par nous-mêmes et par les autres.
Il permet de nous mettre librement en mouvement et finalement en RELATION.
Charlotte Pezeril
Maîtresse de conférences en anthropologie
Chercheuse à l’Observatoire du sida et des sexualités
Faculté des Sciences psychologiques et de l’éducation
Université Libre de Bruxelles







